09 janvier 2008
Shannon- Wiener - Weaver : modèle de la communication
Contexte : la fin des années 1940 est marquée, aux États-Unis, par une activité encore frénétique de l'industrie militaire. Des moyens considérables en homme et en équipement sont déployés avant de favoriser l'effort de guerre. Parmi les préoccupations dominantes, deux vont marquer durablement le développement du champ théorique de la communication et de la diffusion :
- la propagande
- les infrastructures de communication
C'est dans ce second champ qu'il convient de situer les travaux de Claude Shannon.
Présentation : Claude
Shannon (1916-2001) est un chercheur intégré dans les laboratoires de
recherche de Bell à New York, société active de la télégraphie et la
téléphonie ; ingénieur électricien et mathématicien.
Si l'on remonte aux travaux qui
l’inspirèrent, on trouve des noms aussi illustres que Norbert Wiener (qui fut
maître de Shannon au MIT) ou même Albert Einstein qui s'était déjà interrogé
sur la question de la capacité de canal à transporter des messages.
→ L'apport de Shannon est d'avoir
su formaliser les considérations intérieures en intégrant l'ensemble des
paramètres utiles.
Ses travaux constituent un repère
incontournable, le fondement des théories de la communication. D'innombrables
recherches et théorisations se sont inscrites dans le prolongement de
l'opposition avec les perspectives shannoniennes.
Théorie : le système général de la communication.
Émetteur, canal et récepteur = « intermédiaires
techniques »
Bruit = toute source d'interférence susceptible de détériorer le signal est donc d'affecter la communication.
Caractéristiques du schéma : structure
linéaire unidirectionnelle ; la communication est décomposée en étapes, en
séquences de processus qui s’enchaînent.
→ la communication ainsi modélisée
place en tête des préoccupations la lutte contre le bruit, dans le but
d'améliorer la fiabilité de la transmission, et ensuite de pouvoir réduire la
redondance (portions superflues, inutiles parce que répétitives du message) et
ainsi augmenter les capacités et les débits de transmission.
Les apports de Norbert Wiener :
Présentation de N. Wiener : (1894 – 1964) mathématicien
américain, théoricien et chercheur en mathématiques appliquées, il incarne le
père fondateur de la science générale des systèmes mieux connue sous l’appellation
de cybernétique
qu’il définit dans son ouvrage «Cybernetics
or control and communication in the animal and the machine » (1948)
→ Science qui se donne pour objet l’étude des systèmes vivants et non vivants ; la science des régulations au sein des organismes vivants et des machines.
Notre monde est intégralement constitué de systèmes, vivants ou non-vivants, imbriqués et en interaction. Peuvent ainsi être considérés comme des "systèmes": une société, une économie, un réseau d'ordinateurs, une machine, une entreprise, une cellule, un organisme, un cerveau, un individu, un écosystème…
Un système cybernétique peut être
défini comme un ensemble d'éléments en interaction, les interactions entre les
éléments peuvent consister en des échanges de matière, d'énergie, ou
d'information.
Ces échanges constituent une communication, à laquelle les éléments réagissent en changeant d'état ou en modifiant leur action. La communication, le signal, l'information, et la rétroaction sont des notions centrales de la cybernétique et de tous les systèmes, organismes vivants, machines, ou réseaux de machines.
L'approche cybernétique d'un
"système" consiste en une analyse globale des éléments en présence et
surtout de leurs interactions.
→ C’est une révolution, car la communication cesse d’être conçue comme linéaire, mais comme circulaire (boucles) : Emetteur et récepteur interagissent.
- feedback positif : il conduit à accentuer un phénomène (Réactions de B renforcent l’attitude A)
- feedback négatif : régulation, amortit le phénomène (Réactions de B conduisent A à se corriger).
Les apports Warren Weaver :
Présentation : Warren Weaver (1896-1978)
est un mathématicien, philosophe de la communication.
Il a « humanisé » le
schéma purement technique de Shannon.
Modèle présenté dans l’ouvrage « Théories mathématiques de la communication »
(1949) de Shannon et Weaver.
Il complète le schéma de Shannon en
y introduisant un récepteur sémantique entre le récepteur technique (qui
transforme les signaux en message) et le destinataire. Ce récepteur soumet le
message à un second décodage, destiné
à mettre un sens sur les mots reconstitués, à accorder les caractères
sémantiques des messages avec les possibilités sémantiques des destinataires.
De même, Weaver suggère d'insérer entre source et émetteur un paramètre
supplémentaire qualifié de bruit sémantique, rendant compte de phénomènes
de perturbations ou de distorsion de signification.
Bruit sémantique : tout élément susceptible
de perturber le codage, le décodage et le décodage sémantique (fatigue,
distraction, maladie, ivresse, préjugés…)
Ø technique : précision de transmission des symboles de la communication
Ø sémantique : les symboles véhiculent-ils la signification désirée ?
Ø efficacité : influence sur les comportement et attitudes.
Sources : HEINDERYCKX, François. Une introduction aux fondements théoriques de l'étude des médias, Liège, Cefal-Sup, 2002 ; cybernétique, la science des systèmes.
Web 2.0 et gestionnaires de plateforme
Un billet sur les Infostratèges nous apporte une définition de ce concept nouveau de "gestionnaire de plateforme" apparut avec l'évolution d'Internet et de ses outils, ou plus précisement du Web 2.0.
Les plateformes sont ainsi définies comme " des sites conteneurs" où chaque internaute vient déposer sa contribution qui se traduit sous différentes formes : photos, vidéos...
ex : Flickr.com,Dailymotion et Youtube ,eBay et les plateformes de blogs (Haut et Fort, Blogger, Over blog, etc.)...
-> "Chaque fois qu'un acteur du web se contente de mettre un site avec des outils en ligne à disposition des internautes, sans contrôle ni collaboration avec ceux-ci, il y a "plateforme". "
Cette particularité du Web 2.0, pose des problématiques nouvelles notamment en matière de définition d'un statut juridique et de fait, en termes de responsabilité car apparait un nouvel acteur : le "gestionnaire de plateforme".
Il n'est ni "l'hébegeur de sites (puisqu'une plateforme produit un site, certes vide)
ni l'éditeur de sites (puisqu'elle ne maîtrise pas les
contenus déposés par les internautes)", et se trouve donc à mi-chemin entre les deux.
" Un concept et une nouvelle réalité du droit de l'Internet à suivre, donc. "

